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Indemnité carburant 100 € pourquoi les VTC et taxis sont exclus du dispositif 2026

Indemnité carburant 100 € : pourquoi les VTC et taxis sont exclus du dispositif 2026

Par Kevin Castel

Depuis le 27 mai 2026, les Français peuvent demander leur indemnité carburant « grands rouleurs » de 100 € sur impots.gouv.fr. Une aide annoncée le 23 avril dernier par le gouvernement Lecornu pour faire face à la flambée des prix à la pompe. Sauf que les 60 000 chauffeurs de taxi et 150 000 VTC en activité en France en sont explicitement exclus. Décryptage d’une décision qui passe mal dans la profession, et tour d’horizon des leviers concrets pour absorber la hausse du carburant en 2026.

L’aide carburant 2026 : ce que vous devez savoir

Annoncée par le gouvernement de Sébastien Lecornu le 23 avril 2026, l’indemnité carburant grands rouleurs est ouverte à la demande depuis le 27 mai 2026 sur le site impots.gouv.fr. Le dispositif est en place pour deux mois. L’aide est versée sous une dizaine de jours après dépôt d’un dossier complet (source : Mes Allocs / Service Public, mise à jour mai 2026).

Le montant est fixé à 100 € par personne éligible, sous conditions cumulatives :

  • Un revenu fiscal de référence (RFR) par part inférieur ou égal à 16 880 € au titre des revenus 2024.
  • Soit plus de 15 km par trajet domicile-travail, soit plus de 8 000 km par an dans le cadre professionnel.
  • Un véhicule terrestre à moteur (2, 3 ou 4 roues), à motorisation thermique, régulièrement assuré.

Et c’est ici que ça coince pour la profession VTC et taxi.

La ligne d’exclusion qui fâche

Le décret est explicite : l’aide est réservée aux « travailleurs modestes utilisant leur véhicule personnel pour se rendre au travail ». Les véhicules de fonction, les véhicules de service et les véhicules utilisés professionnellement sont exclus. Les véhicules électriques et à hydrogène le sont aussi, mais c’est cohérent puisque l’aide concerne le surcoût carburant fossile.

Pour un chauffeur VTC ou taxi, dont le véhicule EST l’outil de travail, l’exclusion est sans appel. Aucun des 60 000 chauffeurs de taxi et des 150 000 VTC français ne peut prétendre à ces 100 €, alors même que leur dépendance au carburant est largement supérieure à la moyenne des actifs visés par l’aide (sources : politique-france.info, 23 avril 2026 et déclarations ministérielles du 23 avril 2026).

Une conductrice de VTC interrogée par la presse résume le sentiment général : « C’est comme si on nous disait que notre métier n’avait pas de valeur. » L’amertume est d’autant plus vive que la crise frappe fort. Selon les données de l’Union européenne, les marges des raffineries ont quadruplé en deux mois début 2026.

Le gouvernement promet « des discussions »… et pour l’instant, rien de plus

Lors de l’annonce du 23 avril, le gouvernement Lecornu a indiqué que « des discussions sont également prévues dans les prochains jours pour définir un dispositif adapté aux taxis et aux VTC ». Cinq semaines plus tard, à début juin 2026, aucune mesure concrète n’a été annoncée. Les fédérations professionnelles dénoncent une stratégie d’attente.

Le contexte politique est tendu. Une mobilisation nationale des VTC s’est tenue le 27 janvier 2026 (référencée dans la question parlementaire n°12665 de Philippe Lottiaux), et plusieurs intersyndicales ont relancé l’alerte au printemps. La revendication récurrente : un cadre tarifaire qui permette de répercuter l’inflation carburant, ou à défaut, des aides ciblées sur l’outil de travail professionnel.

Pour rappel, la profession VTC fonctionne sous régime de prix libre côté tarifs courses mais subit la pression des plateformes (Uber, Bolt, Heetch, Free Now) qui imposent leurs grilles. La profession taxi, elle, fonctionne sous prix réglementé fixé par arrêté préfectoral, sans possibilité d’augmenter en cours d’année. Dans les deux cas, impossible de simplement « passer la hausse » au client.

Combien la hausse coûte vraiment à un chauffeur en 2026

Faisons les calculs sur des bases réalistes. Un VTC moyen en activité parcourt entre 35 000 et 50 000 km par an. Avec un véhicule essence hybride consommant 6 litres aux 100 km en moyenne, cela représente 2 100 à 3 000 litres de carburant annuels. Sur une hausse de 30 centimes par litre constatée depuis début 2026, c’est entre 630 € et 900 € de surcoût par chauffeur.

Pour un véhicule essence non hybride consommant 8 litres aux 100 km, le surcoût grimpe entre 840 € et 1 200 €.

Les 100 € de l’aide « grands rouleurs » auraient été symboliques. Mais leur refus catégorique aux chauffeurs professionnels passe d’autant plus mal qu’aucune contrepartie n’a été activée à ce jour. Pour comparer, un chauffeur en zone rurale qui dépendrait de son véhicule personnel pour aller travailler à 20 km de chez lui touche bien les 100 €. Pour le VTC qui fait 200 km dans la même zone, c’est zéro.

Les leviers concrets pour absorber la hausse en 2026

En attendant un éventuel dispositif spécifique au secteur, voici les actions à mener dès maintenant pour limiter l’impact.

Optimisation du véhicule. Le passage à l’hybride essence-électrique permet de gagner 25 à 40 % de consommation par rapport à un thermique classique. Un investissement de 25 000 à 35 000 € pour un modèle d’occasion 2-3 ans qui se rentabilise en 24 à 36 mois sur le carburant économisé, sans compter les avantages ZFE. Le passage à l’électrique pur, avec un coût d’usage de 3 à 4 € aux 100 km contre 12 à 15 € en thermique, supprime quasiment ce poste de dépense.

Récupération de la TVA sur le carburant. Un VTC en société peut récupérer 100 % de la TVA sur le gazole et 80 % sur l’essence (depuis 2022, taux harmonisé). En micro-entreprise, vous n’avez pas accès à cette récupération. Pour les chauffeurs qui dépassent les 35 000 € de chiffre d’affaires annuel, basculer en SASU ou EURL devient pertinent rien que pour ce levier. Notre article sur la facturation VTC pour 2026-2027 et la TVA détaille tous ces arbitrages fiscaux.

Cartes carburant professionnelles. Plusieurs réseaux (TotalEnergies Cards, Shell Card, BP Plus) offrent des remises de 3 à 8 centimes par litre aux flottes professionnelles, sans limite de volume. Pour un chauffeur qui consomme 2 500 litres par an, c’est entre 75 et 200 € d’économie immédiate.

Diversification vers des courses mieux payées. À kilométrage constant, augmenter la rémunération moyenne par course permet de noyer le surcoût carburant. Cela passe par le ciblage des courses longues (transferts aéroport), des courses premium (Uber Berline, Bolt Premium), et des partenariats hors plateforme (hôtels, entreprises, clientèle directe). Cette voie est détaillée dans notre guide complet pour devenir VTC indépendant en 2026.

Maillage avec d’autres activités. Le transport de colis sous certaines conditions, le transport médical privé, ou le basculement progressif vers le métier de taxi qui permet d’accéder au conventionnement CPAM avec sa stabilité de revenus, sont autant d’options à étudier sérieusement quand la rentabilité brute s’érode.

Ce qu’il faut surveiller dans les prochaines semaines

Trois dossiers chauds à suivre pour la profession.

D’abord, les annonces gouvernementales sur un dispositif spécifique au transport de personnes. La promesse du 23 avril reste sur la table, et la pression syndicale monte avant l’été. Une mesure d’urgence est techniquement possible avant fin juillet 2026.

Ensuite, la position des plateformes. Uber, Bolt et Free Now subissent une pression croissante pour ajuster leurs grilles tarifaires en fonction du contexte carburant. Bolt a notamment lancé en test à l’international un modèle de tarification où le chauffeur fixe son prix (Bolt Flex), avec commission fixe. Une évolution à surveiller en France.

Enfin, l’évolution des aides à l’acquisition de véhicules propres. La prime à la conversion et le bonus écologique pour les professionnels du transport ont été reconduits pour 2026 mais avec des montants en légère baisse par rapport à 2025. Pour un chauffeur qui prévoit de changer de véhicule, il vaut mieux activer rapidement les démarches avant que les enveloppes annuelles ne soient consommées.

Ce qu’il faut retenir

L’indemnité carburant 100 € lancée le 27 mai 2026 exclut explicitement les chauffeurs VTC et taxi, alors même que ce sont les professionnels les plus exposés à la hausse des carburants. Le gouvernement a promis des « discussions » spécifiques au secteur, sans calendrier précis à ce jour. Pour un chauffeur en activité, attendre n’est pas une stratégie : optimiser son véhicule, récupérer la TVA si le statut le permet, négocier une carte carburant pro et diversifier ses sources de revenus sont les leviers immédiats.

Chez CLF Formation, nous accompagnons les chauffeurs sur l’ensemble de ces sujets, de la formation initiale jusqu’à la gestion fine de l’activité quotidienne. Que vous prépariez votre carte VTC, votre carte taxi ou que vous souhaitiez restructurer votre activité, un échange avec nos conseillers au 05 54 54 88 98 peut faire la différence entre subir et anticiper. Découvrez nos formations VTC et nos formations taxi.

Sources principales

À propos de l’auteur
Entrepreneur et Co-fondateur de CLF Formation, j’accompagne les chauffeurs VTC et taxi dans leur réussite grâce à la formation, l’innovation et des solutions adaptées à leur activité.

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