Le métier de chauffeur de taxi attire de plus en plus de personnes en quête d’indépendance, de stabilité et de contact humain. Accessible sans diplôme, mais soumis à une réglementation stricte, il permet d’exercer une activité reconnue, encadrée par l’État, avec des tarifs régulés et un droit exclusif à la prise en charge de la clientèle sur la voie publique.
Mais avant de pouvoir transporter des passagers légalement, il faut suivre une formation spécifique, réussir un examen préfectoral et obtenir une carte professionnelle. Cette page vous accompagne pas à pas pour comprendre comment vous lancer dans ce métier, du choix de la formation à l’installation sur le terrain.
Taxi : Un métier encadré et reconnu
Le chauffeur de taxi est un professionnel du transport de personnes. À la différence du VTC, il peut prendre en charge des clients sans réservation, directement sur la voie publique, et stationner sur des emplacements réservés (stations de taxi). Cette spécificité lui confère un statut particulier et des obligations précises.
Ce que le métier offre :
- Un accès à une clientèle variée (particuliers, professionnels, hôpitaux, gares, aéroports…)
- Une réglementation protectrice (tarifs encadrés, ADS, carte professionnelle)
- Une possibilité d’exercer en tant qu’artisan, salarié ou locataire de licence
- Une activité pérenne, avec de réelles opportunités de revenus
Mais pour profiter de ces avantages, il faut d’abord se former, obtenir les autorisations, et se conformer aux exigences légales.
Qui peut devenir chauffeur de taxi ?
Aucun diplôme spécifique n’est requis, mais certaines conditions sont indispensables pour accéder à la formation et passer l’examen :
- Être titulaire du permis B depuis plus de 3 ans
- Avoir un casier judiciaire vierge (bulletin n°2)
- Être reconnu apte à la conduite professionnelle (visite médicale obligatoire)
- Posséder l’attestation de formation PSC1 (secourisme de niveau 1)
- Réussir l’examen organisé par la Chambre des Métiers et de l’Artisanat
Une fois ces critères remplis, vous pouvez entamer le processus de formation pour vous préparer à l’examen taxi.
La formation taxi : une étape clé pour exercer
La formation taxi permet d’acquérir les compétences nécessaires à l’exercice du métier et de se préparer efficacement à l’examen. Elle est dispensée uniquement par des centres agréés par la préfecture. Elle peut être suivie en présentiel ou en partie à distance selon les établissements.
Elle se compose généralement de deux volets :
- La partie théorique, qui couvre la réglementation nationale et locale, la gestion, la sécurité, la langue française et la réglementation du transport
- La partie pratique, qui inclut l’accueil client, la conduite professionnelle, la gestion de la course et les situations courantes
L’examen taxi : réussir les épreuves officielles
L’examen est organisé par la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA). Il comprend des épreuves théoriques (QCM et mises en situation) et une épreuve pratique de conduite.
Les 7 épreuves obligatoires sont :
- Réglementation du transport public particulier
- Gestion d’entreprise
- Sécurité routière et conduite
- Connaissance du territoire
- Langue française
- Anglais (facultatif dans certaines zones)
- Épreuve de conduite professionnelle
Un minimum de points est requis pour valider chaque module. En cas d’échec, il est possible de repasser les épreuves non validées lors des sessions suivantes.
Carte professionnelle de taxi : votre autorisation d’exercer
Une fois l’examen validé, vous pouvez faire la demande de carte professionnelle auprès de votre préfecture. Cette carte est indispensable pour exercer légalement. Elle est valable 5 ans, et doit être renouvelée en suivant une formation continue obligatoire.
Attention : la carte est liée à un département. Pour exercer dans une autre zone, vous devrez suivre une formation d’adaptation ou repasser une partie de l’examen.
Autorisation de stationnement (ADS)
Pour pouvoir charger des clients dans la rue, un chauffeur de taxi doit disposer d’une autorisation de stationnement, souvent appelée licence de taxi. Trois options existent :
- Acheter une licence sur le marché libre (souvent coûteux, mais transmissible)
- Louer une licence à un propriétaire (statut de locataire-gérant)
- Obtenir une ADS gratuite auprès de la mairie ou de la préfecture (soumis à une longue liste d’attente)
Cette autorisation est indispensable pour stationner sur les emplacements dédiés aux taxis et prendre des clients sans réservation.
Financer sa formation taxi
La formation représente un investissement, mais elle peut être prise en charge partiellement ou totalement selon votre statut :
- CPF (Compte Personnel de Formation)
- Pôle emploi (via l’AIF ou le dispositif Pro-A)
- OPCO pour les salariés en reconversion
- Aides régionales ou locales
- Plans de financement des organismes de formation
Pensez à vous rapprocher de votre conseiller ou du centre de formation pour étudier les possibilités de financement adaptées à votre situation.
Après la formation : comment s’installer ?
Une fois votre carte professionnelle et votre ADS en main, vous avez plusieurs options pour exercer :
- En tant qu’artisan : vous êtes indépendant et propriétaire de votre licence
- En tant que locataire de licence : vous exploitez une ADS appartenant à un tiers
- En tant que salarié : vous travaillez pour une entreprise de taxis
- En société : vous créez une structure (SASU, EURL…) pour exercer
Chaque statut a ses spécificités fiscales, sociales et réglementaires. Le choix dépend de votre profil, de vos objectifs, et de vos moyens.
Formation continue : une obligation tous les 5 ans
Pour maintenir votre carte professionnelle, vous devez suivre une formation continue tous les 5 ans. Elle permet de mettre à jour vos connaissances réglementaires, de renforcer vos compétences, et de rester en conformité avec la législation en vigueur.
Cette formation est dispensée par des centres agréés. Elle peut également inclure des modules optionnels selon vos besoins (langues, gestion client, handicap…).

