En 2023, plus de 56 000 chauffeurs actifs sur les plateformes VTC et près de 63 000 taxis sont recensés en France. Vous avez donc, sur le terrain, deux univers qui coexistent : des taxis très présents dans les territoires ruraux et en Île-de-France, et des VTC qui exercent presque exclusivement dans les grandes métropoles.
Ce contraste géographique dessine deux réalités de mobilité.
D’un côté, le taxi reste un repère dans les zones où l’offre de transport collectif est moins dense. De l’autre, le VTC s’inscrit dans les flux urbains, là où la demande est forte, continue, portée par les déplacements professionnels, les trajets domicile-travail et les usages nocturnes.
En toile de fond, les transports publics particuliers de personnes (T3P) désignent l’ensemble de ces activités : taxis, VTC, véhicules motorisés à deux ou trois roues (VMDTR ou « motos-taxis ») et centrales de réservation qui mettent en relation passagers et professionnels dans le champ de la réservation préalable.
Une réglementation qui encadre chaque métier
Les T3P constituent un secteur réglementé par l’État, avec des règles spécifiques pour chaque profession, à la fois pour l’accès au métier et l’exercice de l’activité.
Cette réglementation s’appuie principalement sur les lois dites Thévenoud (2014) et Grandguillaume (2016), qui ont redéfini les équilibres entre taxis, VTC et autres acteurs, en harmonisant les conditions d’entrée, en encadrant les centrales de réservation et en clarifiant les périmètres d’intervention.
Les données disponibles reflètent d’ailleurs cette organisation.
Pour les VTC, la gestion administrative est centralisée au niveau national, ce qui permet de suivre plus finement le profil et l’activité des exploitants.
Pour les taxis, la gestion reste très locale, ce qui impose de recourir à des recensements ponctuels pour reconstituer une image nationale du secteur.
En application de l’article 2 de la loi Grandguillaume, l’Observatoire national des T3P est alimenté par les données transmises par les centrales de réservation, qu’il s’agisse de taxis ou de VTC. Vous disposez ainsi d’une vision précise des courses opérées en réservation.
En revanche, les courses de maraude, monopole des taxis, et les courses réalisées par des exploitants VTC travaillant sans plateformes restent beaucoup moins visibles statistiquement.
Le cœur de l’Observatoire se situe donc là où la donnée remonte systématiquement : les plateformes et les centrales.
Qui se présente aux examens taxi et VTC ?
En 2024, près de 52 000 candidats se sont inscrits aux examens pour devenir conducteurs de taxi ou de VTC.
Ce volume est en recul de 15 % après une très forte hausse entre 2021 et 2023, période durant laquelle le nombre de candidats a été multiplié par deux. Autrement dit, vous avez d’abord assisté à un afflux massif de candidats, puis à une phase de repli, qui ressemble à un retour à un niveau plus stabilisé.
Cette dynamique est largement portée par les VTC : 79 % des candidatures concernent les examens VTC. Le vivier de nouveaux entrants se situe donc très nettement du côté des plateformes.
Le profil sociodémographique des candidats reste marqué par une forte masculinisation.
Parmi les inscrits :
- 83 % des candidats à l’examen taxi sont des hommes.
- 92 % des candidats à l’examen VTC sont des hommes.
Vous avez ainsi un secteur qui, au moment de l’accès à la profession, demeure très largement masculin, même si la structure exacte selon les années n’est pas détaillée ici.
De l’inscription à la carte professionnelle
L’inscription ne suffit pas : encore faut-il réussir l’ensemble du parcours d’examens.
En janvier 2025, parmi les candidats inscrits en 2023 :
- 75 % des candidats taxi ont réussi l’ensemble du parcours d’examens.
- 51 % des candidats VTC seulement sont parvenus au même résultat.
Vous voyez se dessiner deux trajectoires.
Le parcours taxi affiche un taux de réussite plus élevé, alors que le parcours VTC apparaît plus sélectif ou plus difficile à aller au bout, qu’il s’agisse des épreuves elles-mêmes ou de la capacité des candidats à maintenir leur projet jusqu’au terme.
En 2024, près de 39 800 cartes professionnelles ont été délivrées (hors renouvellement), tous métiers confondus.
Parmi elles, 74 % ont été attribuées à des conducteurs de VTC, confirmant que la croissance de l’offre et l’arrivée de nouveaux professionnels se concentrent très largement sur ce segment.
Derrière ces chiffres, vous avez un message simple : le VTC est devenu le principal canal d’accès aux métiers des T3P, tant en termes de candidatures que de cartes délivrées.
Comment l’offre se distribue-t-elle sur le territoire ?

Quelle est l’offre de taxis et VTC en France en 2023 : Source https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/les-taxis-et-vtc-acces-la-profession-offre-de-transport-equipement-rapport-2025-de-lobservatoire
En 2023, la France compte plus de 56 000 chauffeurs VTC actifs sur les plateformes et près de 63 000 taxis.
La répartition géographique met en lumière deux logiques d’implantation.
Les taxis présentent une concentration particulièrement élevée en Île-de-France et dans les territoires ruraux, où ils prennent souvent le relais d’autres solutions de mobilité moins disponibles.
Les chauffeurs VTC, eux, travaillent majoritairement dans les grandes métropoles, là où la demande est structurée par les flux urbains continus, les gares, les aéroports, les pôles d’affaires et les zones de loisirs.
Vous avez donc un paysage où taxis et VTC ne se superposent pas totalement.
Ils répondent à des besoins qui, s’ils se rapprochent, ne se situent pas toujours dans les mêmes lieux ni aux mêmes moments de la journée.
Quel parc automobile pour les T3P en 2023 ?
L’équipement automobile des T3P donne un autre angle de lecture du secteur.
En 2023 :
- Les taxis de province sont très majoritairement des véhicules diesel thermiques.
- Les taxis parisiens sont, pour 63 %, des véhicules essence hybrides non rechargeables.
- Les VTC sont, pour 62 %, des véhicules essence hybrides non rechargeables.
Vous observez donc une nette bascule vers l’hybride essence dans la capitale et chez les VTC, alors que le diesel reste dominant pour les taxis de province.
La part des véhicules à faibles émissions s’établit à :
- 4 % des taxis de province,
- 10 % des taxis parisiens,
- 12 % des VTC.
Même si ces parts restent modestes, elles traduisent déjà un mouvement vers des motorisations moins émettrices, particulièrement perceptible chez les VTC et les taxis parisiens.
Des véhicules récents, adaptés aux contraintes de circulation
Les véhicules des T3P sont relativement récents, ce qui a plusieurs conséquences directes pour le secteur.
Ils sont principalement :
- Équipés de cinq places ou moins,
- La propriété de leur exploitant, ce qui engage directement ce dernier dans le choix du véhicule et sa trajectoire de renouvellement.
Surtout, le parc apparaît adapté aux restrictions de circulation liées à la mise en place progressive des zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m), tant que les restrictions visent uniquement les véhicules Crit’Air 3 et plus.
En effet, les véhicules des T3P sont quasiment exclusivement classés en Crit’Air E, 1 et 2, et la part des véhicules Crit’Air E et 1 progresse en 2023.
Vous avez là un élément central pour les acteurs :
Tant que les ZFE-m excluent uniquement les vignettes Crit’Air 3 et au-delà, le parc T3P peut continuer à circuler, sans remise en cause massive de son modèle.
Les choix de motorisation déjà amorcés, en particulier vers l’hybride essence et les véhicules à faibles émissions, jouent donc un rôle direct dans la capacité du secteur à rester opérationnel dans ce contexte réglementaire.


